Une étoile s’est éteinte

En ce jeudi du début du mois de mai, les esprits étaient surtout concentrés sur les analyses du débat d’entre deux tours où se sont écharpés les deux finalistes de l’élection présidentielle. Une triste nouvelle pourtant s’est fait une petite place dans l’actualité essentiellement axée sur la vie politique de notre pays : celle de la disparition d’un acteur au talent immensément reconnu.

Le blog d’Ordilucratif est résolument tourné vers le marketing Internet, la création d’entreprise et d’activités en ligne, et plus précisément la création de sites et de blogs. Il n’empêche que votre serviteur a parfois des états d’âme qu’il souhaite partager avec vous. Le hasard a fait que, pour inaugurer cette nouvelle catégorie, en marge de la thématique principale d’Ordilucratif, le premier article de cette rubrique soit consacré à cet artiste que sans doute, et je l’espère, tout le monde regrettera.

Victor Lanoux s’est éteint le 4 mai 2017 à l’âge de 80 ans et l’ensemble du cinéma français a accueilli l’annonce de sa mort avec beaucoup d’émotion, tout comme ses fans. De son vrai nom Victor Nataf, l’acteur a suscité tout au long de sa carrière et de sa vie publique l’admiration pour son talent de comédien d’une part, mais aussi et surtout pour son immense courage face à la maladie qu’il a dû affronter depuis plus d’une dizaine d’années.

Rassurez-vous : je ne vais pas faire ici un article comme vous pouvez en lire dans la presse people à la manière de Gala ou de Voici, pour ne citer que les grands ténors de ce type de magazine. Mon souhait est seulement de rendre un hommage humble et sincère à un homme qui laissera une empreinte indélébile et méritée dans l’Histoire du 7ème art et du théâtre.

Au travers de ces quelques lignes, je voudrais simplement vous remettre en mémoire les éclats de rire que nous avons sans doute tous eu en regardant les scènes burlesques de « La Carapate », où le réalisateur Gérard Oury a donné à Victor Lanoux l’occasion de reformer le duo comique qu’il formait à ses débuts avec Pierre Richard.

On se souvient également de ses prestations tragi-comiques aux côtés de ses trois comparses, Jean Rochefort, Claude Brasseur et Guy Bedos, dans le dyptique d’Yves Robert « Un éléphant, ça trompe énormément » et « Nous irons tous au paradis », ou de son rôle de commissaire, assisté de Marlène Jobert, dans « Une sale affaire ».

Pour la fin de sa carrière, on retiendra essentiellement son rôle de détective bienveillant au volant de son utilitaire Citroën dans « Louis la brocante » et, avec une moindre popularité, celui du commissaire Laviolette dans la série du même nom. La série où il incarne le brocanteur Louis sera diffusée durant 13 saisons, de 1998 à 2014, et totalisera 44 épisodes au cours desquels il partage l’affiche avec Evelyne Buyle qui tient le rôle de son ex-femme.

C’est alors que la série est au coeur de sa  popularité que Victor Lanoux subit un grave accident de santé, puisqu’il se retrouve paraplégique à la suite d’un AVC  et d’une opération de l’aorte. Il est condamné, selon les médecins, à ne plus jamais remarcher mais, soutenu par l’amour de son épouse qui a elle-même été victime d’un grave accident de moto par le passé, et animé d’une extraordinaire persévérance, il parvient contre toute attente à recouvrer 95% de ses facultés motrices et réussira à reprendre le chemin des plateaux pour renouer avec son rôle de brocanteur.

Il confiera dans son livre autobiographique « Deux heures à tuer au bord de la piscine » avoir voulu en finir à la suite d’une nouvelle opération qui l’a obligé à recommencer ses efforts depuis le début. Après tant de souffrances et de douleurs, il s’arme d’un fusil et songe à mettre un terme à ses jours mais n’y parvient pas car il oublie son arme. Lorsque sa femme revient et qu’il entend sa voix, son désir de suicide heureusement s’estompe.

C’est un ultime accident vasculaire qui aura raison de son courage et qui le plongera dans un dernier coma irrémédiable dans les quelques heures qui ont précédé l’issue fatale de sa vie au cours de la nuit de mercredi à jeudi dernier. Saluons le talent immense de l’artiste, remercions-le pour les moments de théâtre et de cinéma qu’il nous a donnés, et admirons le courage de l’homme qui s’est battu contre les malheurs que parfois la vie réserve.

Une étoile s’est éteinte : Victor Lanoux est désormais entré dans l’éternité, au panthéon des grands comédiens disparus. Et nous ne l’oublierons pas.

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