Le deuil rime mieux avec respect qu’avec humour

Mon état d’âme d’aujourd’hui sera très court. Je voulais vous confier mon sentiment sur l’actualité politique de ces derniers jours, et notamment sur le renouveau que me semble incarner notre nouveau président de la République et son gouvernement dévoilé hier, mais je n’ai pas eu le temps de peaufiner mon article et une autre nouvelle m’a fait choisir un autre sujet. La nouvelle présidence et le gouvernement qui l’accompagne feront donc l’objet d’un article que je partagerai avec vous demain.

Nous avons appris aujourd’hui la mort du frère de notre désormais ancien président François Hollande. Quel que soit le souvenir que l’on garde de notre ex-chef de l’Etat, notre nature d’être humain se doit d’avoir de la compassion et une pensée pour ce type d’épreuve toujours empreinte de tristesse et de douleur.

Nous perdons tous un jour ou l’autre notre père, notre mère, une soeur, un frère, un ami, et nous nous retrouvons à ce moment-là complètement démunis, seulement remplis d’une infinie tristesse. Que l’on soit simple anonyme comme la plupart d’entre nous, ou exposé à la vie publique comme les artistes ou les personnalités politiques, la douleur de perdre un être cher aura la même intensité.

J’apprécie depuis des années l’émission comique de Nicolas Canteloup qui fait suite au journal de 20h de TF1 et précède les programmes du prime-time. L’humoriste manie avec talent et subtilité la caricature de l’actualité quotidienne et nous permet chaque soir de nous délecter de savoureux éclats de rire. Et depuis plusieurs mois déjà, les déclarations caricaturales du président Hollande nous ont habitué à ouvrir et fermer l’émission.

Tous les soirs, cela nous fait rire, mais je pense que ce soir, Nicolas Canteloup aurait dû s’abstenir de ces rubriques habituelles mettant en scène de manière burlesque l’ancien président, eu égard à la période de deuil qu’il traverse en ce moment. A moins peut-être que l’ancien chef de l’Etat ne lui en ai donné personnellement l’autorisation morale.

On dit souvent qu’après la disparition d’un être cher, la vie doit continuer, mais c’est un respect pour celui qui s’en va que d’agir en sorte que l’espace d’un instant, d’une journée, d’une soirée, les choses soient un peu différentes en souvenir de lui. Pierre Desproges disait qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. Je me permets ici de le paraphraser quelque peu en disant que l’on peut rire de tout, avec n’importe qui, mais pas n’importe quand.

Monsieur Hollande, désormais ancien président de la République, vous ne lirez sans doute jamais mon blog, mais si par le plus grand des hasards, vous vous y arrêtez un jour, sachez que je vous adresse mes condoléances les plus sincères pour la mort de votre frère. Et tout le monde aujourd’hui devrait en faire autant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *